Mises au point autour des années 1890, les bicyclettes connaissent un rapide succès en France, comme le prouve le premier tour de France cycliste en 1903. Et elles conquièrent dans un premier temps les femmes, en particulier celles issues de la bourgeoisie, cet objet novateur n’étant pas à la portée de tous les milieux sociaux.

Les affichistes de l’époque vont alors utiliser la représentation féminine pour vanter les mérites de ce nouveau moyen de locomotion mais également nouvelle source d’indépendance. En effet, les femmes vont alors commencer à dépasser leur rôle de ménagère ou de maîtresse de maison pour être représentées sous les traits de divinités mythologiques, dénudées, sous un ciel étoilé, chevauchant leur bicyclette telles des amazones, comme on peut le voir sur cette affiche d’Henri Grey, de 1899.

Le thème de la femme aristocratique et indépendante est également présent chez Steinlen pour les cycles Comiot, telle cette affiche sur laquelle on peut voir en arrière-plan, contrastant avec le personnage central, un couple travaillant la terre, le vélo devenant clairement un signe d’appartenance à une classe sociale aisée.

Source : L’Affiche, Max Gallo, Ed. Parangon, 2002